Jérémy, après avoir été parent en crèche parentale à Paris, a décidé de devenir EJE (Educateur de Jeunes Enfants). Il nous raconte son parcours.

Après des études d’histoire et de sociologie, j’ai fait plusieurs petits boulots alimentaires : sur les marchés, dans le bâtiment… Je m’intéressais au domaine social mais sans idée de métier déterminé. J’ai tenté de passer le Capes pour être prof, mais j’ai raté l’oral et je n’ai pas insisté.

Puis j’ai eu mon premier enfant. J’ai fréquenté avec lui des lieux comme la Maison des Sources, le Cafézoïde. Ces lieux m’ont permis, sans être jugé, de voir grandir ma fille et de l’accompagner dans l’aventure de la vie. La place laissée aux familles dans ces lieux est primordiale, elles ne sont jamais « en trop », ne gênent pas le « fonctionnement du lieu » mais sont au contraire essentielles à la vie même du lieu. J’avais besoin de faire garder mon enfant pour travailler mais je ne voulais pas « déléguer » à une institution son accompagnement. Avec ma compagne nous avions aussi besoin de rencontrer d’autres parents pour élaborer une aventure commune et réfléchir ensemble à l’éducation de nos enfants. C’est cela qui nous a mené à la crèche parentale : s’organiser pour trouver une manière d’accompagner nos enfants au mieux.

En faisant des permanences, je me suis rendu compte de la réalité du travail auprès des enfants. La petite enfance n’est pas un secteur valorisé socialement, on n’y oriente pas les hommes, donc ce n’est pas un secteur auquel j’aurais pensé ou vers lequel je me serais autorisé à aller. Mais en étant immergé dans la crèche on se rend compte du quotidien du travail avec les enfants et de la diversité de ces métiers. La petite enfance est un domaine dans lequel il y a des marges de liberté, la possibilité de faire des choses sans trop de normes rigides. Et encore plus dans une structure associative où l’on garde de l’autonomie, des possibilités d’action et d’initiative : la hiérarchie est plus horizontale, le fonctionnement est plus souple, on y valorise l’expérience.

Tout cela m’a plu, mais aussi le travail d’équipe, d’avoir à mener un projet ensemble avec des gens très différents.

A la crèche où j’étais parent, des professionnels étaient d’anciens parents « reconvertis ». J’ai beaucoup échangé avec eux, ils m’ont conseillés, accompagné, donné des informations. Ils m’ont fait confiance, et m’ont fait acquérir une culture professionnelle à laquelle je n’aurais pas eu accès autrement. J’ai fait un remplacement d’un mois et demi à la crèche après le départ de ma fille, ce qui m’a conforté dans mon choix, et je suis entré en formation dans une école pour devenir Educateur de Jeunes Enfants. La formation m’a permis de confronter mon expérience pratique avec la théorie.

Maintenant que je suis diplômé je vais chercher à faire des remplacements pour découvrir différents types de structures (centres d’animation, autres crèches associatives…), et pourquoi pas, par la suite, monter un projet de crèche ?